L’œil du Ravi : Un événement 2.0 : non mais allo quoi ?!

Idea Camp 2014. Photo ©Cedric Moulard

Idea Camp 2014. Photo ©Cedric Moulard

A l’Idea Camp, on capte beaucoup de chose. Mais

Ca y est, on y est ! L’Idea Camp, la plus grosse pépinière d’idées que la cité phocéenne ait connu (et dans une ville où il y a un maire de secteur d’extrême droite et un PS en état d’implosion permanente, ce n’est pas un mince exploit). Sauf qu’on se doutait bien qu’il y avait un petit souci. Depuis plusieurs jours, nous tentions, sans succès, de joindre les gens des Têtes de l’art, co-organisatrice de l’événement, ou de la télévision participative Télé O2zone, grand architecte du Media Lab.

Est-ce que le Ravi, le mensuel qui ne baisse jamais les bras était finalement persona non grata à la villa Méditerranée ? Est-ce que toutes les personnes que nous connaissions avaient été enlevé par des extra-terrestres habilement déguisés en membre d’ECF ?

Non. Une fois sur place, nous avons pu constater que, dans ce bâtiment aussi racé qu’une formule 1 avant l’impact, dans les méandres de ce « geste architectural », il y a autant de réseau qu’au fin fond de la Corrèze ! Pour une manifestation qui se veut « 2.0 » à souhait, voilà qui fait tache.

Les possesseurs de smart-phones et autres empêcheurs de penser en rond sont donc obligés de grimper au rez-de-chaussée voire même de sortir du bâtiment pour écouter leur messagerie.  Et l’on assiste à un étrange ballet où les accros à la nicotine et au téléphone se retrouvent dehors, les uns défiant le mistral pour quelques bouffées, les autres s’évertuant à chercher le meilleur endroit pour capter. Comme dirait l’autre : « Non mais allo quoi ?! »

Juste après l’intervention d’Antoine Beaufort sur les vertus de la « smart-city » et l’avènement du citoyen connecté, on regarde avec une certaine fierté notre téléphone agonisant. Et l’on se plaît à penser qu’il s’agit là d’une belle revanche du béton sur les ondes et d’une pause salutaire qui doit aider aux porteurs d’idées (et aux journalistes) de rester concentré.

Sinon, pour qui cherche une nouvelle idée d’utilisation à la villa Méditerranée, on suggérera que l’amphithéâtre du deuxième sous-sol peut accueillir sans difficulté le congrès annuel des électro-sensibles. Une fois de plus, dans un ville se félicitant d’avoir être parmi les premières à avoir accueilli la 4G, Marseille était bel et bien l’endroit idéal pour cet Idea Camp…

Sébastien Boistel

PS : sur les raisons de cet absence de réseau, on pense évidemment à la taille des murs, au fait d’être sous l’eau.  Après, y a-t-il  quelques brouilleurs dans le coin ? Il se raconte que la Villa Méditerranée a peut-être été bâti, comme dans un mauvais Stephen King, sur un ancien cimetière d’indiens phocéens mais on n’a pas eu lue courage de creuser. En bord de mer, ce n’est jamais prudent…